Article "j'ai peur de rien, je dénonce" (photo: Christelle et Chloé)

Article "j'ai peur de rien, je dénonce" (photo: Christelle et Chloé)
Je dédie cet article à toutes mes amies adorées que j'aime de tout mon c½ur, et à tous ceux qui m'ont dit un jour « t'es jeune, profiiiite »

Il faut bien l'admettre, je suis une mémé de 19 ans. Du genre à boire de la tisane en lisant un livre le samedi soir, ou bien à avoir un cabas à roulette pour les courses. Du genre à aimer les chats, l'eau de Cologne, les chewing-gum au réglisse. (J'exagère, mais à peine.)

Et ya plein de trucs de d'jeuns que je déteste. Par exemple les boites de nuit, ou tout endroit ou on est susceptible de se trémousser sur de la musique (enfin, un simulacre de musique)
Malheureusement, mes amies adorées, après de multiples supplications/ chantages/ menaces, ont finalement réussi à me faire vivre une expérience aussi sordide que traumatisante dans ma vie de grand-mère :

- Allez Ophé, viens au l'Ayers avec noooous !
- Non, j'aime pas la lumière, la musique, danser, les gens. J'aime rien en fait, sauf m'enterrer sous la couette en écoutant des chants grégoriens.
- Tu vois, t'es précieuse ! Allez viiiiiiiiens ça va être trop bien !


(j'ai fini dans ma grande faiblesse, par accepter...)

Donc au début, une soirée normale entre copine, on va dans un petit restaurant, on se raconte nos vies, on rigole, on se remémore de bons moments, bref classique. Et puis en fin de soirée, on finit par arriver au côté obscur, le chaos, le repère à jeunes assoiffés d'alcool et de danse (ou plutôt de non-danse) j'ai nommé le l'ayers, bar « branché lyonnais »

Je te fais la scène d'exposition : (oui oui, comme au théâtre !)
On arrive, et apparemment il faut avoir « le physique festif » étant donné qu'on te dévisage de la tête au pied, histoire d'estimer ton âge, ton petit haut sexy, ton conformisme etc.
A l'intérieur, les gens sont agglutinés vers le bar ou près des tables : la règle d'or est : « avant minuit, rase les murs » sans oublier la musique, ou plutôt un son hyper fort qui sort des amplis, quelque chose d'indescriptible, un viol auditif qui te donne un mal de tête affreux, qui te force à hurler à l'oreille de ton voisin pour qu'il te comprenne. Pour les discussions entre copines, on repassera hein. Heureusement, tes amies sont là pour t'aider à te sentir mieux :

- Allez, parle-nous de Proust !
- Je vous emmerde. Comme si Proust avait écrit ses trois-cent mille pages au l'Ayers, avec de la musique pourrie. Eh ben non ! Il bouffait tranquille ses madeleines en silence, il faisait chier personne lui ! (admirez l'élégance de mes propos...)


Les gens s'observent, se regardent en chien de faïence. Moi-même je les regarde, je prépare des choses bien venimeuses à écrire sur mon blog, je repère les habitués, les timides-coincés traînés par leurs amis, bref, tous ces jeunes qui sont censé passer une super soirée de la mort qui tue.

Il est 23h30 et il faut attendre cette chose si capricieuse et incompréhensible qu'est l'ambiance. Sauf que personne sait quand ça arrive. C'est comme s'il y avait quelqu'un caché on ne sait ou et qu'on attendrai tous qu'il dise « aller c'est l'heure allez-y, faites les cons ! »

L'ambiance, c'est le moment ou les gens décident de danser tous en même temps sous des lumières multicolores. Enfin, « danser » est un grand mot, un vague mouvement d'épaule/de bassin/ les deux en même temps, est largement suffisant. La solution, c'est de trouver un compromis entre théâtralité outragée et inertie honteuse.

Et comme on est dans un bar et non dans une boite avec des podiums, des dindes super sexy en top à paillettes et gloss dégoulinant décident de prendre en otage des tables en se trémoussant dessus.

Franchement, faut bien leur reconnaître une qualité, c'est qu'elles maîtrisent parfaitement l'art du secouage de cheveux. Et puis t'as des mecs qui te font des clins d'½il genre « hey baybay, j'sais pas comment tu t'appelle mais t'es trop bonne » en t'expliquant leur notion –toute relative- de la fidélité. Voilà, l'ambiance est là, c'est le moment : lâchez-vous. Avant c'est interdit, vous avez l'air con. (Mais quand l'ambiance est là, rester assis devient ridicule, vous êtes le névrosé, l'être « non festif » à qui on fait la fameuse leçon de morale du « mais t'es jeune, profite avant d'avoir un dentier et une convention obsèques à remplir »)

On danse, on boit des boissons sataniques, c'est à dire des tout petits verres avec des alcools très forts dedans. Je ne raconterai pas ici à quel point Christelle peut être marrante et libéré lorsqu'elle est ivre, mais-pourtant-j'en-ai-bien-envie.

Voilà, j'ai dansé, j'ai bu, et surtout, j'ai survécu.
Maintenant je vous laisse, j'ai du tricot à faire en charentaises, devant des chiffres et des lettres.

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# Posté le vendredi 22 mai 2009 09:35

Modifié le dimanche 24 mai 2009 07:23

Article intitulé "Pourquoi t'écris plus sur ton blog, j'écris si je veux ok ?"

D'elle et moi, Il me reste peu de souvenirs. La plupart de nos moments passés ensemble me semblent noyés dans un brouillard diffus et vaporeux. Ma mémoire a toujours été valétudinaire. J'en suis secrètement très heureux ; les poésies de l'école primaire, l'horaire du train, la recette de la tarte aux pommes : tout finira dans le flou et l'obscurité, je prend un malin plaisir à tout oublier, à accuser mes neurones défaillants. Avec « J'ai oublié » tout s'explique, se pardonne, ce n'est pas votre faute, mais celui de votre esprit lunaire, c'est mille fois mieux que « je suis désolé ». Parfois, je consigne quelques détails (les plus insignifiants possible) dans un petit carnet de cuir noir : un Mardi 19 Septembre par exemple, j'ai cassé un bocal d'olives vertes dénoyautés.

Est-ce qu'Anna et moi avons nous vraiment été ensemble, je veux dire comme l'encre et la page, le thé et la tasse, réellement liés, enchevêtrés ? Au fond, est ce que tout cela à bien existé ? A bien y réfléchir, certains détails surgissent parfois de l'oubli. La première nuit dans notre appartement, l'emménagement. Je me souviens, c'était un dimanche d'été et la nuit commençait à tomber pendant que je conduisais dans des rues qui deviendraient familières. Anna, qui revendiquait pourtant son aversion pour les voitures, utilisait toujours cet endroit pour entamer des conversations déterminantes. Questions, reproches, propositions, tout y est passé : « Si l'on prenait un chat ? » « Je déteste ton pull vert » « Nous devrions vivre ensemble, enfin, essayer. » Parfois, je la soupçonnais presque de proposer une sortie dans le seul but d'aborder des sujets importants, de mettre en lumière des instants de sa vie, sans avoir à croiser mon regard.
Nous étions donc dans cette voiture que j'ai vendue depuis, et la radio diffusait une vieille chanson italienne. Je fredonnais Sara Perche Ti Amo avec Anna. Ca commence comme ça : Che confusione Sara perche ti amo E un'emozione Che cresce piano piano. La suite je ne sais plus. C'est ça le problème avec les chansons : le début, on connaît, mais la fin, c'est autre chose. C'était donc la première nuit dans notre appartement. Anna a dit :

- C'est merveilleux, personne ne connaît notre adresse, notre numéro de téléphone, il n'y a même pas notre nom sur la boite aux lettres : c'est très rare de ne plus exister. Avant le mort ne vienne nous égorger, j'entends. Non ?

J'entends encore le bruit des talons d'Anna sur le parquet désert. Elle à ouvert les placards qui sentaient la naphtaline. Arrivée près de la fenêtre, elle a sorti une cigarette. Moi, j'ai regardé longtemps les volutes de fumés s'échapper lentement de sa bouche. Le problème, c'est que ça ne suffit pas, sourire et regarder dans les yeux. Il faut parler, il faut toujours parler. Puis, je suis allé chercher les dernier cartons. En y repensant, je n'ai plus jamais revu Anna fumer. Après, il a fallut définir la place des meubles, trouver une couleur pour les murs du salon. D'une manière générale, la couleur des murs du salon varient inévitablement entre un beige sable et un jaune soleil. Ces couleurs doivent être rassurantes, une sorte de compromis idéal entre le blanc (trop « médical ») et le rouge (on va s'en lasser, non ?) j'ai classé par ordre alphabétique les livres de la bibliothèque, laissé la table en formica dans la cuisine. J'ai pensé, les rideaux et les étagères sont les seuls objets intransportables des emménagements. Ils n'existe qu'une seule fois, dans une seule pièce, un seul quotidien. et nous n'aurons pas le temps de nous en occuper. Après tout, peu importe.



Et sinon:
- Je pose trop de questions. (C'est pas vrai.)
- J'ai partiel demain. (J'irai pas.) En fait si.
- Je vais lire Martine petite maman pour mon exposé.
- Tout n'est pas perdu.
- Lisez Tolstoi.
- Ne partez pas trop loin.
- "Construire" dans le langage collectif = consommer.

# Posté le dimanche 22 mars 2009 15:26

Je suis constructive.

Il est presque 1 heure du matin et je viens d'assembler les pièces d'une petite voiture, pièces trouvés peu de temps aupravant dans un Kinder Surprise.
Et j'aime les Kinder suprise, mes amies, le théâtre, les couples Sartriens, et les portes clés.

# Posté le vendredi 16 janvier 2009 18:58

Ah non pas elle.

Ca fait un moment que je ne suis pas venue écrire ici. Pour ma défense, j'ai passé ces derniers mois à écouter des cours soporifiques sur les PSCCC (propositions subordonnées corrélatives, complétives et conjonctives il paraît que « c'est évident, enfin, quand même »)

Bien sur, devant mes amis, je fais de longues envolées lyriques sur les richesses que nous offre la poésie dans la seconde moitié du 17ème siècle. (Qu'on s'entende, je mens, mais c'est juste histoire de bien leur montrer que je ne suis pas devenue une sale consumériste-capitaliste et que j'aime toujours autant les matières vieilles, chiantes, et inutiles, autrement dit la littérature.)

Si je suis venue écrire ce soir à une heure assez tardive (à toi maman qui lis mon blog, sache que ton bébé se couche après 21h.) c'est parce qu'à 2 heures du matin, il n'y a rien à la télé (à part une charmante émission sur « comment vivre après un infarctus » personnellement, l'annonce seule du titre me provoque des palpitations cardiaques) et il est trop tard pour lire Balzac.

Je pourrai vous écrire un article aussi long qu'ennuyeux sur mes résolutions de l'année 2009 (ne plus laisser mes relevés de comptes au milieu de mes cours de syntaxe, aller courir, retrouver mes chaussures pour aller courir etc.) mais j'ai décidé de vous épargner mes éphémères utopies de nouvelle année.

Alors cette nuit, je vais parler des filles-à-fleurs. Je l'admets, parler de cette espèce bien connue de ses filles en couple, bien gentilles, agaçantes et naïves est d'une banalité affligeante mais tant pis, c'est bien parfois, la banalité.

Les filles-à-fleurs ont les cheveux longs, lisses, avec une frange sur le côté. Elles sont adeptes des légumes bios « parce que c'est pas si cher que ça au fond », elles se disent admiratrices de François Truffaut (mais Bienvenue chez les ch'tis c'est bien aussi) végétariennes « sauf pour le foie gras et le caviar, ça compte pas » (Elsa, si tu me lis...) et surtout surtout, les filles-à-fleurs rejettent absolument leur étiquette de greluche : «Tu vois pourtant c'est pas mon genre, mais le scrapbooking c'est génial »

Les filles-à-fleurs vont à la piscine, (pardon Charlotte, je parlais pas de toi !) soignent leurs cheveux avec un sérum à l'huile d'iris bleu qui sent bon la fraîcheur alpine, et possèdent une yaourtière (pour ceux qui connaissent pas, c'est un appareil pour faire des yaourts alors qu'il y en a des très bien-tout-faits dans les supermarchés)

Les filles-à-fleurs aiment bien parler de leur chériiii (plus il y a de « i », mieux c'est) leur relation c'est un peu le rallye Dakar : faut que ça aille vite, faut construire, avancer, avoir la photo de sa bague de fiancailles sur son blog, l'amour quoi.
Et pour celles qui ne se sont pas senties concernées par ses caractéristiques, méfiez-vous, on rigole on rigole, et puis un jour, on se retrouve un dimanche matin à faire du pain perdu pour son amoureux d'amour.

L'humanité était donc séparée en deux mondes bien distincts : les filles à fleurs, et les autres.
Seulement, le problème avec les filles-à-fleurs, c'est qu'elles veulent nous entraîner (c'est à dire vous, moi, des êtres humaines normales) dans leur confrérie secrète.

Et si t'es pas comme elle, ben tu te sens un peu comme un poème d'Yves Bonnefoy sans enfants qui courent dans les herbes hautes, comme une soirée foot sans bière, bref tu te sens un peu.... Comme rien en fait.
Prenons par exemple la fille-à-fleur de la vidéo ci-dessus, ou une très jolie créature trop bonne se roule allègrement toute nue dans des draps en s'aspergeant de parfum.

Quel être humain normal se livre à de telles activités, honnêtement ?

Ensuite, comment une fille ordinaire peut revendiquer sa féminité dans notre société tout en allant se coucher avec un pyjama snoopy hein, je vous le demande.
Et un jour, comme de par hasard, un garçon vous dit devant la télé :

- Non mais cette fille est pas si belle que ça hein. Mais euh toi, tu veux pas enlever ton tee shirt à souris violettes ? Non mais c'est pour toi, histoire que tu sois plus à l'aise, je m'inquiète de ton confort.

C'est ça, ouais.

Tout ça pour dire, méfiez-vous des filles-à-fleurs-toutes-nues qui veulent vous vendre du
parfum, c'est comme ça qu'on commence à faire couette à part.

(Sur ce, je vais dormir....)

# Posté le mercredi 14 janvier 2009 09:50

Ich mag Bücher lesen. Ich gehe auch gern in die Stadt mit meinen Freunden.


Et on rit, on met le volume à fond, tant pis pour les voisins, on sait pas trop ce qu'on fait là, à perdre du temps, à l'user, l'égorger, jusqu'à ce qu'il gagne la partie et nous enferme dans une boite toute noire ou sera posé une haïssable plaque funéraire. Jte jure que si je trouve un truc du genre « à mon amie tant regrettée » je reviendrai l'enlever, ouais, jte jure.
Pour l'instant on est là, toi le nez à la fenêtre, et moi avec mes petits papiers déchirés et mon thé brûlant. Ca sera chouette, une vie comme dans les films, une vie ou on dit « pâte mentholée dentaire » plutôt que « dentifrice », une vie ou on écrit dans des bars parisiens des cartes postales capables de changer définitivement le cours de nos vies. Au lieu de ça, le quotidien vient te poignarder tous les jours, ça s'arrête jamais, sauf quand ya des italiens qui parlent au rayon poisson du supermarché, là ça change tout, c'est la lueur d'espoir, celle qui te dit que c'est pas fini, enfin pas tout de suite. La femme qui écoute les malheurs des gens à la radio, elle doit avoir une sacré dose d'espoir, moi je l'écoute tous les soirs en attendant qu'un jour elle leur raccroche tous à la gueule en leur disant qu'elle aussi à des problèmes, son lave-vaiselle vient de tomber en panne, en plus. Et puis ya aussi les gens du métro, ta mère qui comprend pas pourquoi tu ferme pas tes volets pour dormir. Et ya des jours ou t'es franchement faible, ou t'as bien envie d'écouter toutes ces conneries qu'on raconte et tous les conseils qu'on te donne, parce que c'est quand même pas si compliqué de faire ce qu'on te dit, enfin, quand même. Et se cacher sous le profil artiste incompris, ça va cinq minutes hein, moi aussi j'aime bien peindre le dimanche, c'est pas pour autant que j'emmerde le monde avec mes états d'âme tu vois ?
Le cours des actions peut bien s'écraser lamentablement tant qu'il reste encore du chocolat et des personnes qui maîtrisent instrumentalement le concerto en sol mineur de Vivaldi.
Bref, après tout, peu importe.
Les gens vont encore dire «Elle est bizarre... mais sympa quand même hein »


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J'ai envie d'apprendre l'allemand (pour comprendre les blagues-pas-drôles !) l'espagnol, faire un tiramisu aux fraises, aller au bar à tartine avec mimiine, voir Florninouninette, apprendre toute ma littérature du moyen-âge, avoir cours d'atelier d'écriture photo, me coucher plus tôt, me remettre à faire des photos, vivre, avancer, avancer, avancer.

# Posté le dimanche 02 novembre 2008 17:25

Modifié le samedi 15 novembre 2008 11:33